L’isolation thermique par l’extérieur (ITE) est la technique la plus efficace pour lutter contre les pertes de chaleur, améliorer son confort thermique et faire des économies d’énergie. Mais comment s’assurer de choisir la bonne épaisseur d’isolation extérieure pour maximiser les performances de l’isolant ? Faisons le point !

Quelle est l’épaisseur idéale pour une isolation des murs par l’extérieur ?
En moyenne, l’épaisseur d’une isolation extérieure varie de 8 à 20 cm. Toutefois, pour garantir une isolation performante, on considère qu’il faut installer un matériau isolant de 12 à 20 cm d’épaisseur, les isolants minces ne permettant pas toujours de supprimer la totalité des ponts thermiques.
Mais avant de jeter votre dévolu sur l’isolant le plus épais, sachez qu’il existe d’autres facteurs à prendre en compte pour maximiser les performances de votre isolation thermique.
Un pont thermique désigne une zone de rupture d’isolant, qui apparaît lorsque 2 parois se rejoignent ou à la jonction d’un mur et d’un plancher par exemple. Ils sont responsables de 5 à 10 % des déperditions de chaleur dans un logement. Le meilleur moyen de les supprimer est de procéder à l’isolation des murs par l’extérieur ou d’installer des rupteurs de ponts thermiques.
Quels sont les facteurs à prendre en compte pour choisir l’épaisseur de son isolation par l’extérieur ?
Le type d’isolant
Les matériaux isolants peuvent être classés en 3 grandes familles :
- les isolants naturels (ou biosourcés) : conçus à partir de ressources naturelles végétales ou animales, ils sont appréciés pour leur faible impact écologique et leur caractère renouvelable. Parmi les plus utilisés, on compte la fibre de bois, la laine de coton, le chanvre, le liège expansé ou la ouate de cellulose ;
- les isolants synthétiques : issus de l’industrie pétrochimique, ils sont réputés pour leurs excellentes performances thermiques et leur longue durée de vie. Les plus courants sont le polystyrène expansé (PSE), le polystyrène extrudé (XPS), le polyuréthane (PU) et la mousse résolique ;
- les isolants minéraux : fabriqués à partir de ressources minérales naturelles, ils sont appréciés pour leur faible coût et leurs performances, mais leur bilan environnemental est contrasté. Les plus connus sont la laine de roche, la laine de verre, la perlite et le verre cellulaire.
L’isolation par l’extérieur (ITE) offre de meilleures performances que l’isolation par l’intérieur (ITI). De plus, cette méthode d’isolation permet de ravaler les façades traitées et de conserver intacte la surface intérieure du logement. L’ITE est cependant plus coûteuse que l’ITI et nécessite un chantier de plus grande envergure.
La résistance thermique du matériau isolant
La résistance thermique (R) désigne la capacité d’un matériau à résister aux variations de chaleur. Plus elle est élevée, plus le matériau est isolant et pourra donc être appliqué en couches fines.
La résistance thermique s’exprime en m².K/W et se calcule en divisant l’épaisseur du matériau (en mètres) par sa conductivité thermique (λ), soit : R = épaisseur (e) / conductivité thermique (λ).
À titre d’exemple, sachez que le label BBC (Bâtiment Basse Consommation) requiert une résistance minimale de 4 à 5 m².K/W, en rénovation globale.
Pour apprécier les performances d’un matériau isolant, vous pouvez également étudier les indicateurs suivants :
- le coefficient de conductivité thermique (λ), qui s’exprime en W/m.K et désigne l’aptitude du matériau à transmettre la chaleur. Plus il est faible, plus le matériau est isolant ;
- le déphasage thermique, qui correspond au temps que met la chaleur à traverser le matériau. Son unité de mesure est l’heure.
La situation géographique du logement
La zone géographique dans laquelle se situe la maison à isoler a son importance, car le niveau de performance requis dépend du climat.
En région humide, par exemple, il convient de privilégier les isolants hygroscopiques (qui absorbent l’humidité de l’air), comme le polyuréthane ou la fibre de verre. Dans les zones soumises à un risque élevé d’incendie, il faudra se tourner vers des matériaux ignifuges, comme la laine de roche ou la laine de verre.
Cette diversité climatique est d’ailleurs prise en compte par la RT 2020 (Réglementation Thermique 2020), qui impose un niveau de résistance thermique minimal selon la région dans laquelle se situe le logement :
Zone climatique | Zone H1 (Nord-Est et Est) | Zone H2 (Nord-Ouest et Ouest) | Zone H3 (Sud-Est) |
---|---|---|---|
Résistance minimale requise par la RT 2020 pour un mur en contact avec l’extérieur | 2,9 m².K/W | 2,9 m².K/W | 2,2 m².K/W |
L’état initial de l’isolation
Dans le cadre d’une rénovation, si le bien est déjà isolé par l’extérieur, il est conseillé de retirer l’isolant existant, pour appliquer le nouvel isolant sur une surface nettoyée et assainie.
Si la maison est isolée par l’intérieur, il est possible de procéder à une isolation par l’extérieur afin de renforcer les performances thermiques et phoniques. Dans ce cas, une épaisseur d’isolant plus mince qu’en cas d’absence totale d’isolation peut être sélectionnée. Toutefois, cette double isolation n’est pas toujours recommandée, car elle peut entraîner des problèmes d’humidité et de condensation.

Les aides de l’État attendues
L’État propose différentes aides financières destinées à encourager la rénovation thermique. Celles-ci peuvent concerner des travaux d’isolation, l’installation d’une pompe à chaleur ou la pose d’une VMC double flux par exemple.
Dans le cas de l’isolation par l’extérieur, le versement de certaines aides est conditionné par l’atteinte d’une résistance thermique minimale de 3,7 voire 4,4 m².K/W.
Pour l’isolation des combles aménagés ou aménageables, on recommande une résistance thermique de 6 m².k/W, contre 7 m².k/W pour les combles perdus. Dans le cas d’une isolation des planchers bas, il convient d’atteindre le seuil minimal de R = 3 m².k/W pour obtenir les aides financières de l’État.
Comment calculer la bonne épaisseur pour son isolation extérieure ?
Pour calculer l’épaisseur de son isolation par l’extérieur (e), il faut connaître la résistance thermique du matériau isolant (R) ainsi que son coefficient de conductivité (λ) et appliquer la formule suivante : e = λ (W/m.K) x R (m².K/W). Son unité de mesure est le mètre.
Voici par exemple l’épaisseur optimale recommandée pour les principaux matériaux utilisés en isolation des façades par l’extérieur :
Isolant | Épaisseur pour une résistance faible (R = 3,75) | Épaisseur pour une résistance moyenne (R = 4) | Épaisseur pour une résistance élevée (R = 5) |
---|---|---|---|
Polystyrène expansé | 14 cm | 15 cm | 19 cm |
Laine de roche | 14 cm | 16 cm | 18 cm |
Laine de bois | 12 cm | 16 cm | 20 cm |
Les isolants minces mesurent en moyenne entre 0,5 et 3 cm d’épaisseur, et leur résistance thermique est comprise entre 0,5 et 2 m².K/W. Ils peuvent être utilisés en complément d’un isolant, mais ne suffisent pas, à eux-seuls, à atteindre un niveau de performance satisfaisant en ITE.
L’épaisseur de l’isolant influence-t-elle le prix de l’isolation extérieure ?
L’épaisseur d’un isolant peut impacter son prix, mais c’est avant tout sa nature qui va déterminer son coût. En isolation par l’extérieur, il faut par exemple compter en moyenne :
- 150 à 180 €/m² pour une isolation en polystyrène expansé sous enduit ;
- 255 €/m² pour une isolation en laine de roche ;
- 290 à 300 €/m² pour une isolation en laine de bois.
Il est possible d’obtenir le versement d’aides financières pour alléger le coût des travaux d’ITE, comme :
- MaPrimeRénov’ ;
- l’éco-PTZ ;
- la TVA réduite à 5,5 % ;
- Ma Prime Logement Décent ;
- le chèque énergie ;
- les primes CEE ;
- le prêt avance rénovation (PAR) ;
- l'exonération de la taxe foncière ;
- les aides locales.
Attention, le dispositif “Isolation à 1 euro” n’est plus disponible. Il a été supprimé en 2021 du fait de trop nombreuses arnaques.
Épaisseur d’isolation extérieure : ce qu'il faut retenir
L’épaisseur d’une isolation extérieure varie de 8 à 20 cm en moyenne, mais une épaisseur de 12 à 20 cm est recommandée pour une isolation de façade performante.
Pour choisir la bonne épaisseur d’isolant, il faut tenir compte du type de matériau, de sa résistance thermique, de la situation géographique du logement et de l’état de l’isolation existante.
Pour calculer l’épaisseur de son isolation par l’extérieur, il faut diviser le coefficient de conductivité thermique par le niveau de résistance thermique attendu.
La résistance thermique (R), exprimée en m².K/W, désigne la capacité de l’isolant à résister aux variations de chaleur. Plus elle est élevée, plus le matériau est isolant.
En isolation, le versement de certaines aides financières est conditionné par l’atteinte d’un niveau de résistance thermique minimal de 3,7 à 4,4 m².K/W.
En moyenne, il faut prévoir 8 à 20 cm d’épaisseur d’isolant en ITE, mais une épaisseur de 12 à 20 cm est recommandée pour une isolation performante. Afin d’être sûr de faire le bon choix, il faut tenir compte de la nature de l’isolant et de sa résistance thermique, ainsi que de la situation géographique du logement et de ses spécificités (maison ancienne, mur en pierre ou façade complexe par exemple), ainsi que de l’état de l’isolation existante.